Cent dix ans jour pour jour après le déclenchement de la bataille de Verdun, le Mémorial de Verdun et Connaissance de la Meuse proposent, le 21 février, une évocation historique exceptionnelle au bois des Caures, en date et heure précises de cet épisode clé de la Première guerre mondiale.
Il est 7 h 15, le 21 février 1916, lorsque plus de 1 200 canons allemands ouvrent le feu. Pendant neuf heures, une pluie ininterrompue de 300 000 obus allemands s’abat sur le bois des Caures. C’est ce que l’Histoire appellera le “Trommelfeuer”, déluge d’acier en allemand, et qui marquera le premier jour de la Bataille de Verdun. Cent dix ans plus tard, c’est au lever du jour, dans le froid et l’obscurité, que le public est invité à marcher sur les traces des poilus, à travers une évocation historique qui marquera son 110 e anniversaire.
« L’Histoire à hauteur d’homme »
C’est un événement qui n’a lieu qu’une fois tous les dix ans. Le bois des Caures, théâtre de la bataille de Verdun, devient pour la quatrième édition, la scène d’un rendez-vous mémoriel. Pour la première fois, le Mémorial de Verdun et Connaissance de la Meuse s’unissent pour proposer une évocation historique “in situ”, sur ce lieu dont les hommes du lieutenant-colonel Driant ont construit le mythe. « Être ici, à l’endroit même où a débuté la bataille, donne une force incomparable au récit », insiste Nicolas Barret, directeur du Mémorial. «
Cette collaboration a beaucoup de sens et de force. Par son intensité, son exigence et son ancrage territorial, cette évocation s’impose comme un temps fort majeur du 110 e anniversaire de la Bataille de Verdun, et comme un hommage collectif rendu aux combattants des deux camps, sur ce lieu devenu, au fil du temps, un symbole de paix, de réconciliation franco-allemande et de transmission. Elle confirme notre volonté de faire vivre l’Histoire à hauteur d’Homme.»
Une évocation, pas une reconstitution
L’évocation prendra la forme d’un parcours de 5 km à pieds à travers la forêt, d’une durée d’environ 2 h 30. Dès l’aube, à 5h45 précise pour les premierd, les participants traverseront le bois des Caures, sur les pas des combattants et au rythme des lectures de témoignages, de lettres et carnets de poilus, et plongés dans des ambiances sonores et des effets de lumière et de pyrotechnie entre les silhouettes figées de ceux qui, cent dix ans plus tôt et ici même, ont écrit l’Histoire. Une cinquantaine d’acteurs-figurants, en costume, incarneront les soldats des deux camps. « Il ne s’agit pas d’un spectacle ni d’une reconstitution. Aucune scène de combat ne sera reproduite. On ne veut pas faire croire à une machine à remonter le temps, mais proposer une évocation, un récit vécu, dans des conditions proches de celles de 1916 », souligne le président de Connaissance de la Meuse, Jean-Luc Demandre.
Immersion dans les “vraies” conditions
L’expérience se veut participative puisqu’elle se déroulera dans le froid, les chemins boueux et en silence pour marquer l’hommage. « Cet événement se distingue par sa fidélité aux conditions réelles dans lesquelles les combattants ont vécu ces premières heures », explique le directeur du Mémorial, « Cette approche volontairement exigeante renforce sa puissance immersive et invite chacun au plus près de la réalité historique. Être présent là où tout a commencé confère à l’expérience une intensité rare, impossible à reproduire ailleurs ».
La communauté d’agglomération du Grand Verdun et le département ont financièrement soutenu ce projet. Et pour cause, pour son président, Jérôme Dumont, le message est plus que jamais d’actualité : « À travers ce projet, c’est notre mission de transmission de l’histoire qui s’exprime pleinement. Nous voyons encore les cicatrices de la guerre, mais nous avons aussi le devoir de transmettre un message universel de paix et de réconciliation, d’autant plus dans le contexte géopolitique actuel ».
Si cette évocation historique est la promesse d’un moment d’exception, elle s’adresse à un public conscient des conditions particulières qu’elle implique. Le parcours, long de 5 kilomètres en forêt, se déroulera tôt le matin, dans le froid et l’obscurité, parfois sur des chemins boueux et en terrain naturel. Aucun véhicule ne sera autorisé sur le site. L’accès se fera exclusivement en bus, au départ de Verdun (parking du 8 mai 1945) ou de Damvillers (parking de l’entreprise C.I.L.), avec deux créneaux de départ à 5 h 45 pour un retour prévu vers 10 h, et 7 h 45 pour un retour aux alentours de midi.
Les participants sont invités à prévoir des chaussures de marche et des vêtements adaptés aux conditions hivernales. Les places étant limitées, la réservation est obligatoire sur memorial-verdun.fr.
La billetterie ouvrira le mercredi 21 janvier à 15 h.
La participation est fixée à 7 €, avec un tarif réduit à 5 € pour les 10-18 ans et les adhérents du Mémorial de Verdun et de Connaissance de la Meuse.
Réservation memorial-verdun.fr
Photo Franck Lallemand. Article ER Donovan Moutinho.