Depuis la première édition sur le site des Carrières d’Haudainville près de Verdun en 1996, l’Événement-spectacle a accueilli 631 000 spectateurs. Un succès qui ne s’est pas démenti au fil des années grâce à la qualité de la prestation et au talent des bénévoles. Retour sur un beau parcours.
« Personne n’avait imaginé cela. Même les plus optimistes ! » Jean-Luc Demandre est coprésident de Connaissance de la Meuse qui produit le spectacle Des Flammes à la Lumière. Au tout début, l’équipe devait investir la Citadelle haute de Verdun, mais « ça n’a plus été possible, alors fin 1995, on a commencé à prospecter autour de Verdun ». Au final, Jean-Luc Demandre a loué un petit avion à l’aérodrome du Rozelier et survolé la zone. « J’ai vu cette friche industrielle et quand je me suis rendu sur place, j’ai dit : c’est ça qu’il nous faut ! »
Un engagement de cinq ans est signé au début de l’année 1996, « mais on espérait dépasser les cinq ans et on s’est dit qu’on resterait dans ce lieu mais qu’on changerait de thème ». Alors, pour que tout soit prêt, tout le monde a mis les bouchées doubles. « L’opération a été montée en urgence. La préfète nous a bien aidés ainsi que les élus, les parlementaires, le président du Conseil général… pour faciliter les procédures. Ici, il y a trente ans, il y avait encore des engins de chantier », se souvient-il. « Une centaine de bénévoles ont aménagé le site. Les gravillons ont été mis alors que le public allait arriver en fin de journée. Ça a été une épopée ! ».
Le spectacle a surfé sur le cycle mémoriel du 80e anniversaire, « et puis est arrivé le 90e, le 100e et maintenant le 110e… », avec toujours plus de spectateurs. Au total, 631 000 personnes sont venues voir le son et lumière depuis la première année, avec « environ 21 000 à 22 000 spectateurs en moyenne par saison », estime Jean-Luc Demandre. Bien sûr, l’année du Covid a été une année blanche, mais la passion est restée la même.
200 acteurs sur scène chaque soir
Au fil des années, le spectacle s’est étoffé, la technique s’est améliorée, les effets sont venus sublimer le scénario et le jeu des acteurs. « Quand on regarde les cassettes VHS de l’époque et les photos… » on s’aperçoit que le spectacle d’aujourd’hui n’a presque plus rien à voir avec celui de 1996. « Nous sommes actuellement la plus grande manifestation d’Europe sur 14-18 et le plus grand spectacle historique du Grand Est, toutes catégories de thèmes et hors 14-18, en surface de scène, en moyens techniques, en nombre de participants…
Côté bénévole, « sur scène, chaque soir, il y a au moins 200 personnes ». Et pour les acteurs figurants, au total « nous avons passé les 300 inscrits. C’est la première fois qu’on dépasse les 300, sauf peut-être au début, durant les premières années du cycle mémoriel du 80e anniversaire », insiste Jean-Luc Demandre.
« Depuis 30 ans, il y a bien sûr eu un renouvellement. Il y a surtout une énergie qui se renouvelle et qui perdure. C’est toujours aussi émouvant. Ce sont des gens extrêmement talentueux même ceux qui ne sont pas sur scène » : accueil, costumières, techniciens, pyrotechniciens, régie, poursuite… « Ils sont extrêmement généreux et c’est grâce à eux que le spectacle existe ».
Le spectacle dure près de 90 minutes. Photo Alexandre Marchi
Où et comment voir le spectacle ?
Il reste encore dix dates pour assister aux Flammes à la lumière : les 3, 4, 10, 11, 17, 18, 24, 25 et 31 juillet ainsi que le 1er août 2026.
Le son et lumière se joue aux carrières d’Haudainville dans la Meuse. Il commence à la nuit noire mais il est conseillé d’arriver pour 22 h sur le site. Il est possible de dîner sous chapiteau sur réservation ou de profiter de la restauration rapide. Le spectacle est accessible à partir de 10 ans.
Tarifs tribune normale : adulte 26 €, 10-15 ans 18 €, étudiant et chômeur 20 €, famille (deux adultes et deux jeunes) 76 €.
Tribune Carré Or : adulte 35 €, 10-15 ans 23 €, étudiant et chômeur 25 €, famille 98 €.
Renseignements et réservations au 03 29 84 50 00 ou cdm@cdm55.fr ou www.spectacle-verdun.com.
Originaire de Cologne, Oliver Franzen incarne un soldat allemand. Photo Alexandre Marchi
Oliver Franzen, de Cologne : « Il y a une bonne ambiance ! »
Tout sourire. Sur le moutonnement de l’espace scénique Des Flammes à la Lumière , Oliver Franzen, 56 ans, gérant immobilier à Cologne (Allemagne), est prêt. Il a revêtu son uniforme de soldat allemand de la Première Guerre mondiale. Un rêve pour lui de participer au plus grand spectacle européen sur 14-18. Une participation due à une rencontre « à la fête de la Saint-Nicolas au château de Thillombois », confie-t-il.
Il y était venu avec son épouse Anna et Nelly, Nina et Benjamin, leurs triplés aujourd’hui âgés de 11 ans. En effet, sa femme parlait avec Christine Alby, une Toulousaine travaillant à Metz, germanophone, actrice du spectacle dans la ville côté allemand et dont l’arrière-grand-père « a combattu à la Main de Massiges. Je tenais le bar à champagne » et en discutant, elle apprend qu’Oliver aurait bien voulu participer au spectacle mais que, « du fait de son gabarit, il pensait ne pas pouvoir rentrer dans des costumes ». Elle prend son numéro de téléphone, alerte les bénévoles et finalement, « toute la famille joue, moi en soldat allemand et la famille participe également du côté allemand », explique-t-il en sortant des photos des spectacles passés.
Présent au 110e anniversaire de la Bataille de Verdun
Pour lui, « ce sera la 3e édition en 2026. On est content d’être là, il y a une bonne ambiance », mais pour une fois, il sera là sans son épouse et ses enfants. Une manifestation qu’il a connue « sur internet », car Oliver Franzen est venu plusieurs fois dans le secteur et à Verdun où il a visité « la cathédrale, le Mémorial, l’Ossuaire et des cimetières allemands et aussi le cimetière américain de Saint-Mihiel ».
Les deux guerres mondiales résonnent familialement pour Oliver : « Mon grand-père était capitaine de corvette dans la Marine et mon arrière-grand-père était dans l’armée austro-hongroise ». Et puis, Oliver et Anna étaient aussi, cette année, « le 21 février au Bois des Caures pour commémorer le 110e anniversaire de la Bataille de Verdun ». Les deux bénévoles de Connaissance de la Meuse, ont lu « des textes de combattants allemands de ces secteurs-là. Des textes très poignants », poursuit-il.
Impliqué dans le bénévolat en Allemagne, Oliver, dont les enfants font partie d’une troupe de danse, vient « souvent le week-end et pour les répétitions. Et puis, tous les ans, il y a un repas de la coulisse allemande ! » Et tous les ans, la famille vient voir les « spectacles de Thillombois : les médiévales, la Saint-Nicolas et la biennale équestre ».
Des Flammes à la Lumière est la plus grande manifestation d’Europe sur 14-18. Photo Alexandre Marchi