Une équipe de France Télévisions Des Racines et des ailes était présente, samedi 9 mai, à la première répétition 2026 du spectacle Des Flammes à la lumière, dans les carrières d’Haudainville. L’émission, qui sera diffusée à l’automne, explore la Lorraine à travers son patrimoine.  

Une équipe de l’émission Des Racines et des ailes a suivi, samedi 9 mai, la première répétition de l’année du spectacle Des Flammes à la lumière. Une immersion au cœur d’une fresque portée depuis 30 ans par l’association Connaissance de la Meuse et près de 200 figurants mobilisés pour cette reprise.

« Allez au village ! Vous êtes en retard ! » Dans les anciennes carrières d’Haudainville, la voix puissante de Jean-Luc Demandre claque au milieu du décor.

Chemise bleue, micro en main, regard à l’affût, l’auteur, scénariste et metteur en scène du spectacle historique Des Flammes à la lumière , remet la machine en route. Ce samedi 9 mai, près de 200 figurants participent à la première répétition de l’année. Mais, cette fois, une autre équipe s’est glissée au milieu des bénévoles : celle de l’émission télévisée Des Racines et des ailes.

Une équipe au plus près du terrain

Léa Caruelle, journaliste, coréalise pour France TV Studio une émission de 110 minutes consacrée à la Lorraine. À ses côtés, Jérôme Mignard cadre les images au stabilisateur, tandis que Marc Soupa capte les sons, perche tendue au-dessus des scènes. Pas de gros camion de télévision, ni de dispositif lourd. Une équipe mobile, au plus près du terrain, venue capter ce que l’émission cherche depuis des années. À savoir, du patrimoine, bien sûr, mais surtout des femmes et des hommes qui le font vivre.

Dans la poussière blanche des carrières, le spectacle reprend par fragments. Une fête foraine, des soldats en permission, des lettres lues à voix haute, la montée au front, les blessés étendus au sol, les bombardements, les annonces de fin de guerre.

Entre deux séquences, Jean-Luc Demandre corrige, replace, relance avec l’aide de Franck Lemaire : « Vous ne souffrez pas assez », lance ce dernier aux figurants allongés au sol. « Je voudrais avoir moins l’impression que vous êtes en train de faire quelque chose de plaisant », lance-t-il encore à ceux qui s’affairent autour de la mitrailleuse. Derrière une rudesse apparente, il y a surtout l’exigence d’un spectacle hors-norme qui ne veut pas impressionner pour impressionner, mais qui aspire avant tout à transmettre.

La caméra suit ce méticuleux ballet. Elle accompagne les déplacements de foule, s’approche au plus près des visages en sueur, capte les consignes, les hésitations, les erreurs. Entre deux séquences, Léa Caruelle interroge Jean-Luc Demandre, mais aussi les bénévoles, les nouveaux venus, les anciens qui connaissent les enchaînements par cœur. Pourquoi reviennent-ils ? Comment retient-on ses placements, ses costumes, ses changements de scène ? Qu’est-ce qui pousse des habitants à consacrer autant de soirées à rejouer, année après année, cette mémoire de Verdun ?

Car, derrière les vastes gradins, le spectacle est aussi une gigantesque logistique. Il y a ceux que l’on voit sur scène, et tous les autres, les costumes, la lumière, le son, la pyrotechnie, la cuisine, etc. Céline, venue avec sa fille Lisa et sa nièce Jade depuis Longuyon, explique l’importance de son « anti-sèche » pour se repérer dans les tableaux et les changements de costume. Une autre raconte les jupes à remettre aussitôt sur cintre, les chemises à ne pas mélanger, les allers-retours entre les vestiaires et le plateau. Dans ce théâtre à ciel ouvert, chacun tient un rôle crucial.

110 mn sur la Lorraine et Verdun

Pour l’équipe de France Télévisions, l’immersion est forte. Même en plein jour, même sans les lumières définitives, même avec les interruptions de répétition, la puissance du lieu agit pleinement. Les enceintes grondent, les détonations roulent contre les parois calcaires, les figurants traversent le plateau, tombent, se relèvent, recommencent. « Quand ça gronde, quand ça bombarde, il y a quelque chose de très réaliste », confie Léa Caruelle.

L’émission, dont la diffusion est prévue à partir de la rentrée prochaine, ne sera pas consacrée uniquement à Verdun. Elle explorera la Lorraine à travers son patrimoine bâti et naturel, ses paysages, ses savoir-faire, ses figures locales. Mais à Haudainville, l’équipe a trouvé un concentré de ce qu’elle était venue chercher. À savoir, un lieu, une mémoire, une œuvre collective et un homme qui connaît sur le bout des ongles chaque pierre, chaque silence, chaque respiration de son spectacle.

Au fil de l’après-midi, Jean-Luc Demandre court d’un bout à l’autre du plateau, répond à une question, donne une consigne, revient sur un placement, prépare le final de ce show devenu un véritable théâtre populaire de la mémoire. Samedi, les caméras de Des Racines et des ailes sont venues observer comment cette mémoire se fabrique, patiemment, collectivement, avant que la nuit, les flammes et les lumières ne complètent enfin la magie.

Illustration(s) :

Première répétition de la fresque historique Des Flammes à la lumière avec une équipe de l’émission télévisée Des Racines et des ailes. Photo Frédéric Mercenier